Source: Flickr

Source: Flickr

les faits qui ont précédé ou accompagné la fondation de rome se présentent embellis par les fictions de la poésie plutot qu' appuyés sur le témoignage irrécusable de l histoire : je ne veux pas plus les affirmer que les contester . on pardonne a l' antiquité cette intervention des dieux dans les choses humaines qui imprime a la naissance des villes un caractére plus auguste . or si il est permis a un peuple de rendre son origine plus sacrée en la rapportant aux dieux certes c' est au peuple romain . et quand il veut faire du dieu mars le pére du fondateur de rome et le sien sa gloire dans les armes est assez grande pour que l' univers le souffre comme il a souffert sa domination . au reste qu' on rejette ou qu' on  accueille cette tradition cela n' est pas a mes yeux d' une grande importance . mais ce qui importe et doit occuper surtout l' attention de chacun c' est de connaitre la vie et les moeurs des premiers romains , de savoir quels sont les hommes , quels sont les arts qui dans la paix comme dans la guerre , ont fondé notre puissance et  l' ont agrandie . de suivre enfin par la pensée l' affaiblissement insensible de la discipline et ce premier relachement dans les moeurs qui bientot entrainées sur une pente tous les jours plus rapide précipitérent leur chute jusqu' a ces derniers temps ou le reméde est devenu aussi insupportable que le mal . le principal et le plus salutaire avantage de l' histoire c' est d' exposer a vos regards dans un cadre lumineux des enseignements de toute nature qui semblent vous dire : voici ce que tu dois faire dans ton intérét , dans celui de la république . ce que tu dois éviter car il y a honte a le concevoir , honte a l' accomplir . au reste je m' abuse sur mon étude ou jamais république ne fut plus grande , plus sainte , plus féconde en bons exemples : aucune n' est restée plus longtemps fermée au luxe et a la soif des richesses , plus longtemps fidéle au culte de la tempérance et de la pauvreté tant elle savait mesurer ses désirs a sa fortune . ce n' est que de nos jours que les richesses ont engendré l' avarice , le débordement des plaisirs et je ne sais quelle fureur de se perdre et d' abimer l' état avec soi dans le luxe et la débauche .

mais ces plaintes ne blesseront que trop peut étre quand elles seront nécessaires . ne commencons donc pas par la cette étude . il conviendrait mieux si l' historien avait le privilége du poéte de commencer sous les auspices des dieux et des déesses afin d' obtenir d' eux a force de voeux et de priéres l' heureux succés d' une si vaste entreprise .

Tite Live .