Anémone De L'Été, Anémone SylvestrisLupinien, Nature, Nouvelle Zélande

 

 

 

Toute ontologie doit tenir compte de la structure polaire de l' étre, celle du soi et celle du monde. Le courage a toujours tenté de surmonter l' angoisse de n' étre pas par l' affirmation de soi ou par la participation au monde. Mais ces deux solutions sont également insatisfaisantes car elles conduisent souvent a l' individualisme et a l' anarchisme, d' une part, au conformisme et au collectivisme, d' autre part. C' est ce qui ressort de l' interprétation de l' histoire en général et de notre temps en particulier. Faut il désespérer ? A une époque - et Tillich connait bien la notre - ou " la vie n' a plus de sens que la mort ", ou " l' étre n' a pas plus de sens que le non - étre ", ou " la culpabilité est aussi incertaine que la perfection ", le seul courage possible, c' est celui du désespoir. Lecon étonnante de la part d' un chrétien ! Pas tellement cependant. Tillich n' a rien du stoicien négateur d' aucune transcendance. Il a foi au caractére révélateur du courage qui, puisqu' il il est le signe de l' étre, témoigne implicitement de dieu. " Il n' y a pas, dit il, d' arguments valables pour l' existence de dieu ", mais il y a des actes de courage dans lesquels nous affirmons la puissance de l' étre, que nous le reconnaissions ou non. Le contenu de cette foi n' est peut étre pas " palpable ", il ne peut d' ailleurs l' étre car son contenu c' est " dieu au - dessus de dieu." On voit par la comment Tillich se rattache a Luther mais plus encore, nous semble t il, a maitre Eckhart.

 

Leroux.