Coeurs De Saignement, Fleurs, Cluster

 

 

 

On voit donc que le protestantisme va donner un sens moral au travail et donner au capitalisme l' homme besogneux, sobre et fiable dont il a besoin, l' homme soumis a l' ascése du travail. Cependant chez Luther, cette ascése reste encore modérée car elle n' invite pas les hommes a une franche réussite professionnelle : elle invite simplement chacun a rester dans sa profession, la ou dieu l' a placé. C' est en revanche avec le protestantisme ascétique post - Luthérien ( le Calvinisme notamment ) que l' implication dans le travail pourra jouer le role de confirmation de la foi et de l' état de grace et prendra un visage plus radical. La théorie calviniste est en effet basée sur la théorie de la prédestination selon laquelle chaque homme est, dés sa naissance, élu ou damné. Le croyant pourra alors interpréter sa réussite sociale comme étant le signe d' une rigueur morale, d' une vertu supérieure ( d' une forme de discipline et d' ascése plus forte ) et donc comme étant le signe d' une certaine bienveillance divine qui laisse supposer une possible prédestination. L' homme ignorant son éventuelle élection ou damnation, pourra chercher a calmer son angoisse en pensant déceler dans sa rigueur morale, son travail et sa réussite économique ( ce qui implique un mode de vie ascétique ), les signes de son élection. Dés lors, selon Max Weber, la ou le catholicisme nous invitait au détachement des biens matériels, le protestantisme favorisera l' intégration du croyant a l' activité économique, ce qui peut expliquer le développement de l' esprit capitaliste. Le protestantisme aurait donc diffusé massivement une morale ascétique du travail et transposé dans le monde, au - dela des monastéres, la sévére discipline a laquelle les moines se livraient autrefois, en se coupant du monde. Le protestantisme aurait donc exigé de tous les hommes qu' ils vivent comme des moines en inventant l' ascétisme dans le monde, un ascétisme sécularisé.

 

Note :

Max Weber : " L' éthique protestante et l' esprit du capitalisme." Traduction Jean Pierre Grossein, Gallimard, 2003, page 251 - 252.

 

Chevet.